De formation scientifique ,  Stephane Deguilhen débute une carrière d’enseignant en physique chimie dans l’éducation Nationale .
persuadé que sa vocation est ailleurs , il met fin à cette activité début des années 2000 pour débuter un parcours de sculpteur.

Stephane Deguilhen avoue une très forte passion, pour les animaux sauvages, la nature et ses reliefs caractéristiques à l’image des rochers du relief de l’île semblant rejoindre le ciel ou plonger dans la mer.
Les essences locales abondantes présentes dans la forêt sont essentiellement
le châtaignier , l’Olivier , le noyer et les souches de bruyère.

C’est une recherche permanente et obsessionnelle qui le plonge dans ses travaux.
Ce sont des visions de structures tridimensionnelles qu’il a d’abord étudié lors de ses études de physique et que la sculpture lui permet de faire émerger du fond de son esprit .

Les lignes de force sont volontairement accentuées pour donner le maximum d’expression :
force , mouvement , lourdeur , pesanteur , légèreté.

Ses nombreuses excursions sur les reliefs montagneux insulaires ont amenés Stéphane Deguilhen à se plonger dans des réflexions sur le vide et la verticalité.

Cet univers minéral , austère et tourmenté a constitué une source d’inspiration qu’il a retranscrit dans ses travaux.

L’importance des racines :

Le volume est essentiel mais l’observation en particulier sur les formes préexistantes des racines est décisive et incontournable.

La terre est source de vie , la racine y puise son énergie.
Nous sommes soumis au cycle universel , chaque être est issu de la terre et retournera à la terre.
En botanique la racine est la partie souterraine d’un végétal qui lui permet de puiser dans le sol les éléments nécessaires à sa nutrition (eau, sels minéraux) et d’assurer sa fixation à son support.
la racine du latin radīcīna, diminutif du latin radix signifie base, source ou fondement.

Cet ensemble va constituer sa base de réflexion.

L’histoire débute par une souche extraite lors de l’ouverture d’un chemin forestier.
Cette racine fut ensuite entreposée sous un chêne où elle séjourna pendant plus d’un an.
Il arrivait à Stephane Deguilhen  de passer devant et d’y poser  son regard.
L’instant d’observation était bref et pouvait à première vue paraître futile.
Il avait l’impression qu’une tête de taureau se dégageait de ce bloc.

Il déclarera par la suite : « J’aurai pu en rester là , oublier et passer à autre chose , une simple curiosité qui avait attiré mon attention.

Puis je décidai de franchir le pas et de ramener cette souche dans mon atelier pour la travailler.

De manière spontanée en utilisant la technique de la taille directe j’opérais des corrections à l’aide de ma tronçonneuse , de mes ciseaux et mes gouges.
La tête de Taureau venait d’apparaître.
Il ne manquait plus qu’à lui rapporter une paire de cornes que je réalisais en noyer.

Je ne savais pas encore que cette cascade d’événements menant à la réalisation de cette sculpture allaient bouleverser le fil de ma vie et me conduire sur une nouvelle voie. »

Asymétrie et Symétrie , naissance d’un paradoxe.
Une racine par définition est asymétrique.
Dans la réalisation d’une sculpture il est fondamental que les symétries soient rigoureusement respectées au niveau des volumes.
Cela constitue l’aspect technique du travail.

Le problème est posé : comment déceler une symétrie dans une racine qui par définition est complètement asymétrique ?

A ce stade était il alors nécessaire de poursuivre le travail ?

Un équilibre semblait être atteint , il déclarera également plus tard :

« Les retouches que j’ai réalisé sont minimes et modestes par rapport à ce que la terre m’a offert. »

La pièce semblait être aboulie suite à cet étrange face à face.
Il venait de se créer un dialogue et un profond sentiment de respect du sculpteur face à la matière.

les coups de ciseaux avaient placé des symétries mais la racine avait conservé sa structure propre.

La tête de taureau en l’occurrence réalisée l’année 2000 dans une racine fut par sa force et son équilibre une pièce majeure.
Cette œuvre réalisée de manière spontanée et presque accidentelle marquera ses futures inspirations.

D’autres œuvres basées sur le même concept et avec autant de force émergeront par la suite  : mouflons , grands félins et rapaces.
Des bronzes à la cire perdue sont réalisés en fonderie à partir des pièces maîtresses dans des séries limitées à 8 exemplaires.